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Deux mois après : Mon Accouchement

Le dimanche 1er Décembre reste et restera une date importante qui a chamboulé ma vie d’adulte. Il est primordial pour moi de mettre des mots sur les émotions que j’ai pu vivre afin de m’en rappeler plus tard. C’est pour cette raison que je souhaite vous relater cette journée particulière. Aucun tabou bien entendu !

On sait qu’une grossesse –en général dure neuf mois et qu’elle est entrecoupée de plusieurs rendez-vous à des dates fixes. Mais on ne sait jamais vraiment quand bébé va pointer sa petite tête et encore moins en combien de temps. J’étais donc à mille lieux de penser que le premier décembre allait être le jour J. La veille nous recevions à dîner des amis. Nous devions même voir d’autres amis ce jour là. Nous parlions encore de ma grossesse, de la date supposée de sa naissance. Je caressais avec délicatesse et amour mon bidou, qui n’avait jamais été aussi gros. Mon dernier cours sur le périnée et la poussée avait eu lieu il y a tout juste une semaine. Tout frais, tout récent. Après deux trimestres stressants je profitais enfin des joies de la grossesse. Je n’étais pas prête à la quitter. Je voulais garder ma babychou encore un peu au chaud, rien qu’avec moi, sentir ses petits coups, profiter de ce corps arrondi que j’aimais tant. Ou peut-être que je voulais repousser l’inévitable, l’instant où j’allais souffrir. Finalement on est jamais réellement prête à ce qui nous attend, bien qu’on se soit projeté pendant tous ces mois.

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Comme toutes les nuits et matins je devais me lever pour filer au toilette. Sauf que cette fois-ci mes draps étaient légèrement humide sous moi. Il est courant d’avoir des fuites durant la grossesse donc je fonce au toilette sans trop me poser de questions. Ne m’inquiétant pas je met ça sur le compte de ma vessie comprimée. J’en parle vite fait à Geoffray puis je me rendors. La matinée passe mais je coule toujours. Etrange. Ma vessie est-elle aussi pleine que ça ? Il est vrai que depuis quelques jours j’avais vraiment du mal à faire pipi. Le corps médical m’avait prévenu, babychou est bien engagée dans mon col. Je décide donc de mettre une protection car ça commence à me gêner d’être constamment mouillée. Bien décidée à suivre mon programme établi nous faisons les photos à deux que nous avions prévu pour immortaliser le bidon avec le sapin de Noël. Dernières photos où nous sommes tous les deux, en amoureux. Désormais nous serons trois. Ces photos restent mes préférées. Elles me rappellent tant de souvenirs, d’émotions.

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J’ai toujours des fuites. Les protections ne durent pas longtemps. Je suis obligée d’en changer régulièrement. Les cours de préparation me paraissent flou. En théorie c’est simple, presque évident de reconnaître les symptômes d’un accouchement. En pratique, surtout quand c’est la première fois on se pose pleins de questions. Nous voulions être sur de nous avant de foncer à la maternité. Geoffray entame donc des recherches sur internet. Oui le fameux Google. Après analyse nous supposons que c’est du liquide amniotique qui s’écoule. Je me souviens vaguement d’une parole de ma sage femme libérale où elle m’avait dit qu’il n’y avait pas lieu de se précipiter. Donc nous nous faisons à manger, nous prenons notre temps sans s’inquiéter. Surtout que j’avais peu de contractions. Elles n’étaient pas rapprochées.

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Les contractions se rapprochent sans pour autant être douloureuses. Du moins j’imagine que ça en est car je n’ai jamais été très douée pour les reconnaître. Sans vraiment savoir ce qui m’arrive nous décidons de prendre le sac de naissance au cas où mais de laisser derrière nous la valise. Après tout j’étais persuadée qu’on allait me dire de rentrer à la maison, que ce n’était rien. Que nenni ! Le uber arrive et nous partons direction l’hôpital. Aux urgences nous ne sommes pas seuls évidemment mais je suis la seule femme enceinte à patienter. L’attente me parait longue. Je regrette immédiatement d’avoir dit à la dame que ma douleur était de 3 sur une échelle de 10. D’autant plus que les contractions commençaient petit à petit à me gêner, à se rapprocher. Je me tortille un peu sur ma chaise. A ce moment je trouvais qu’elles me faisaient « mal« . J’étais loin d’imaginer ce qui allait m’attendre dans les prochaines heures. Geoffray m’aide à penser à autre chose, à me détendre en me faisant des gratouilles sur le bras. Quant à moi j’essaye de me concentrer sur ma respiration comme ma sage femme me l’avait conseillé.

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Mon nom est enfin appelé. Aleluja. On m’installe sur une table pour le monitoring. Rassurant, tout va bien. Bébé est en pleine forme. La sage femme des urgences m’informe qu’on va vérifier si c’est bien du liquide amniotique que je perd. Elle n’a même pas le temps d’introduire un objet que c’est la piscine sous moi. Je suis à 2cm. Bien que pendant ma grossesse on m’avait dit que la perte des eaux n’étaient pas comme dans les films, j’ai tout de même eu l’impression qu’on m’avait jeté un seau d’eau. Le verdict tombe : je ne peux plus rentrer chez moi. La poche des eaux étant rompue le risque infectieux est dangereux. Deux options sont donc envisagées. Soit on me garde sept jours pour enfin me déclencher, soit le travail commence seul. Le temps du monitoring on nous laisse seul, tous les deux. Geoffray s’occupe d’appeler nos proches pour les prévenir. Ils sont tout autant surpris que nous. Répondre devient plus compliqué. Au fond de moi je sens que ça va vite s’intensifier. Une amie m’avait dit que dès que la poche des eaux est rompue les contractions deviennent bien plus douloureuses. Je commence tout juste à réaliser où je suis et pourquoi. D’ici quelques heures je serai maman.

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A l’aide d’un fauteuil roulant on me monte en chambre. Je suis censée y rester pendant quelques temps puisque je ne suis pas dans le service suite de couche et qu’on me demande déjà mon régime alimentaire. Une nouvelle sage femme vient me voir et me dit de prendre une douche chaude pour apaiser mes douleurs. Les bains m’ont toujours fait un bien fou. Sauf que je commence à ne pas être assez bien pour me mouvoir. Lorsque je suis malade j’ai tendance à faire des malaises. Durant les cours de préparation à l’accouchement on nous avait bien dit qu’il était important de se lever. Geoffray m’aide comme il peut. Nous comptons les contractions. Elles sont désormais rapprochées de 3 minutes. Je douille et j’ai beaucoup de mal à ne pas me laisser submerger par la douleur. L’amoureux décide de rappeler la sage femme pour qu’on voie où j’en suis. 4 cm. La sage femme s’active, va de nouveau chercher un fauteuil roulant. Le travail a bien commencé et il est rapide. Je dois descendre en vitesse en salle d’accouchement pour me faire la péridurale sinon je risque de ne pas l’avoir. Panique. Douleurs. « Je n’arrive pas, je suis nulle, je n’arrive pas à gérer la douleur ».

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La salle est rythmée par mes « OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO! N’arrivant pas à me concentrer sur ma respiration afin de me détendre, la sage femme me conseille de faire des voyelles graves. Je m’exécute aussitôt. L’effet est immédiat. L’anesthésiste arrive. Cela m’a paru une éternité alors que tout s’enchaînait très vite. Il m’explique comment cela va se passer. Je lui prie de faire vite. Geoffray doit sortir et me laisser seule. Je ne veux pas. J’ai peur de rester seule. Mon amoureux réconfortant doit être à mes côtés à toutes les étapes. Sauf que c’est la procédure.

La péridurale commence à faire effet. Elle m’était indispensable. C’est magique je vous assure. Je n’aurai jamais pu tenir sans elle, bien que mon travail ait été rapide. Je gère moi-même quand je me l’administre. 9 cm. Pour que babychou s’engage un peu plus dans mon col les sages femmes nous laissent seuls dans la salle de naissance. Avant d’accoucher je craignais de ne plus ressentir les contractions, mais je sentais clairement et distinctement quand j’en avais une sans que j’en souffre. C’est une impression très étrange de sentir son corps « pousser » instinctivement, naturellement.

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L’équipe d’accouchement de nuit arrive, se présente. Il est temps, c’est LE moment. La sage femme prépare la salle d’accouchement, tamise la lumière.  Une vague de stress m’envahit. Tous pleins de questions m’asseyent. Durant l’heure d’avant nous parlions gaiement avec Geoffray, mais à ce moment là j’étais muette. Je me préparais à pousser sans vraiment savoir si j’allais y arriver.  Tout bouge autour de moi. Je n’y fais pas attention et me concentre. Finalement j’ai eu un peu de mal, surtout avec mon souffle. Aucun cardio. En plus de cela mes contractions décident de ne plus venir. Pendant de longues minutes nous restons tous les cinq à nous regarder en silence. Petit rire nerveux échangé avec Geoffray. Dès qu’une « rare » contraction arrive je reprend vite ma respiration pour pousser juste après. Les sages femmes m’encouragent et j’essaye de ne rien lâcher. Mon amoureux me tient la nuque d’une main, et mes doigts de l’autre main. On m’annonce qu’il faut vraiment que je pousse plus longtemps car babychou est en train de se fatiguer. Son petit cœur s’emballe. Un moment je crois voir quelque chose de brillant passer.

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Après 36 semaines lovée au creux de moi elle est là ! Dans ma bulle, j’étais très heureuse. J’occulte tout le reste, si fière d’avoir réussi à mettre au monde notre fille, ma poupée. Meryl est dans mes bras. Son papa a le regard heureux. Sauf qu’on me l’enlève quasi immédiatement. Sur le moment je ne réalise pas, je pense que c’est la procédure. En réalité Meryl n’a pas pleuré en naissant. Elle n’a émit aucun son. Je ne me souviens même pas d’avoir senti sa respiration sur moi.

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La revoilà. Soulagée, elle dort sur ma poitrine pour les prochaines heures. Entre temps la sage femme m’a fait des points. Malheureusement j’ai subi une petite épisiotomie mais ça je vous en parlerai dans un prochain article, dédié au post partum. Meryl est sublime, encore plus belle que ce que j’avais imaginé. Malgré une arrivée au monde précipitée et compliquée, elle est en bonne santé. Les contractions m’ont mit Ko. J’ai eu énormément de mal à les gérer. Toutefois je ne garde pas un mauvais souvenir de mon accouchement. Je suis même fière de mon moi, d’avoir réussi à mettre un petit être au monde.

Ma fille je t’aime !

Xoxo

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6 commentaires

  1. Blandine Gsn says:

    Quel bel article ! Tu as bien raison de tout écrire pour garder en mémoire ce moment. Je t’avoue que j’en ai les larmes aux yeux ! Je dois accoucher dans moins de 2 mois et je me demande si je vais être assez forte pour contenir la douleur et mettre au monde ma fille. Je fais des malaises pour moins que ça ! Mais quand je lis ta rencontre avec Meryl, je me dis que moi aussi j’en suis capable et j’ai hâte de cette rencontre 🥰 !

    Je vous souhaite plein de bonheur à toute ta petite famille.

    😘😘

    1. Merci beaucoup ! Ça m’a fait du bien de l’écrire. C’est thérapeutique. Je souhaitais garder en mémoire tous les détails car finalement on oublie vite. On garde en substance. Tout comme toi je fais très vite des malaises, mais le corps a tellement de force. C’est magique, heureusement. Je te souhaite plein de bonheur et de surtout bien profiter de ton bidou. Ces moments sont si précieux .

  2. Ines Pimp It Up says:

    C’était très émouvant à lire, mais je suis ravie de savoir que tu en gardes un joli souvenir ! Tu as été tellement sereine, je pense que Meryl a du être accueillie dans plein d’amour et de calme, même si vous avez eu une petite frayeur à la fin ! Vous faites une belle équipe tous les trois !

    1. Merci 😊 C’est vrai qu’on était pas tellement stressé au début. Nous sommes allés tranquillement à la maternité, pensant vraiment que c’était une fausse alerte. Au final je suis vraiment contente que ça se soit passé ainsi

  3. Je lis ton article qui me remémore mon accouchement. Il y a des différences sur les horaires et certaines choses mais la fin, cette fin, où le temps est long, où on pousse sans savoir ce qu’on pousse, où on nous dit d’y aller plus fort mais qu’on a déjà l’impression de tout donner… Et puis ce bébé dans nos bras, ce cri qui n’arrive pas… Et puis quelques secondes après dans le couloir une sage femme nous crie au loin « c’est votre fille que vous entendez »… Le soulagement, la fierté, ces larmes qui coulent… Et puis ces câlins <3

    1. Tu as tout dit sur la poussée. J’avais l’impression de ne pas savoir ce que je faisais. J’étais complètement à bout de souffle après chaque poussée. Pourtant les sages femmes me disaient d’aller encore plus loin. Merci pour ton retour

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